Tourner aux Îles-de-la-Madeleine

Il y a presque 2 ans par Joëlle Arseneau

Pour celles et ceux qui me suivent un peu, vous savez que je suis une fière Madelinienne.

Exilée à Montréal pour les études et le travail, c’est tout de même, pour la majeure partie de ma vie, mon archipel natal qui fut ma source d’inspiration première. Je dirais que c’est encore le cas maintenant même si je n’y habite plus à l’année. Après y avoir réalisé quelques courts-métrages par le passé, l’été dernier j’ai eu le bonheur d’y séjourner un mois pour tourner pas un, mais bien deux films. Je détaillerai dans un futur plus ou moins rapproché ce que nous avons eu la chance d’y vivre, mais, aujourd’hui, j’avais le désir de vous décrire un peu l’ambiance générale de ce type de tournage.

(Crédit photo : Joëlle Arseneau)

J’avais envie d’en parler parce que je trouve que de faire des projets créatifs en région éloignée, aux Îles-de-la-Madeleine dans mon cas, a quelque chose de complètement différent de ce à quoi nous sommes habitués à Montréal. C’est impalpable : l’atmosphère des plateaux est tout simplement unique. J’oserais même jusqu’à dire qu’il y avait quelque chose de magique…

Une des raisons pour laquelle je suis aussi fière de « mes » Îles, c’est le fort esprit de communauté qu’il y règne. J’ai la chance d’avoir beaucoup de personnes là-bas qui croient en ce que je fais et qui m’encouragent depuis toujours. Chacune des fois que nous sommes venus en tournage mon équipe et moi, ces gens étaient immanquablement très dévoués pour la cause et se laissaient embarquer par notre imagination.

Un des désavantages avec le fait d’être très loin des grands centres, c’est l’équipement de tournage qui est très restreint, voire inexistant. On doit louer le tout à Montréal puis le trimballer jusqu’aux Îles… on fait donc doublement faire attention à ne rien abimer. Pour l’anecdote, l’été dernier lors de notre passage, nous étions quelques équipes (équipes féminines en plus !) sur les lieux. Nous avons fait de nouvelles connaissances (allô les filles !) et on a pu s’entraider un peu : comble du hasard, les réalisatrices en question possédaient LA caméra que nous tentions de trouver à Montréal et que nous n’arrivions pas à mettre la main dessus dans la métropole !

(Crédit photo : Gérald Arseneau)

Créer aux Îles-de-la-Madeleine, c’est vraiment embarquer dans une bulle. Je crois que c’est le cas avec les tournages qui se déroule en dehors de notre lieu habituel : on est là pour ça, avec seulement des gens qui y sont pour la même raison. On se lève ensemble, on travaille ensemble et on finit la journée ensemble. Aux Îles, on avait la chance de terminer quelques-unes de ces fameuses journées à l’Abri de la tempête et déguster le meilleur fromage du monde, le Pied-de-vent.

Je ne cacherai donc pas qu’il est dans notre vision et notre mission comme boîte de production d’aller faire des projets en région et je suis certaine que cela pourrait apporter quelque chose de très positif dans le portrait de notre cinématographie nationale. Il est vrai que je prêche pour ma paroisse, mais j’espère voir sur grand écran plus de films tournés là-bas !

Crédit photo couverture : Joëlle Arseneau